Agro-Pastorale

Les vaches ...

Juillet 2007, l’octroi d’un don de 10 vaches à 83 familles de la colline de Ruhuma, regroupées en association, s’annonce comme une lueur d’espoir pour une population vulnérable, confrontée aux conséquences des aléas climatiques.

En effet, de sécheresses en inondations le sol s’est puisé. La terre ne produit presque plus rien. Les gens ont faim. Et les maladies liées à la malnutrition en profitent pour faire des ravages particulièrement chez les enfants et les personnes âgées.

S’attelant à relever le défi, le projet Kira Ukize octroi à nouveau 3 vaches en 2008, 11 en 2009 et 20 en 2013. Grâce à ces dons successifs, à l’implication des bénéficiaires et à un encadrement efficace, l’impact du projet se fait voir sur plusieurs plans.

Effet papillon initiée par Kira-Ukize

Pour nourrir leurs vaches, la population de Ruhuma s’est adonnée aux cultures fourragères,  ce qui a permis

  • l’amélioration de la santé animale et la production d’engrais indispensable à la fertilisation des champs.
  • La diversification et l’augmentation de la production vivrière ont ramené une certaine sécurité alimentaire.
  • La sensibilisation au respect de l’environnement a mis fin à des pratiques déplorables comme les feux de brousse.
  • La promotion des cultures maraîchères, jointe à la production de lait, a contribué d’abord à une santé florissante.
  • Les enfants ne souffrent plus de kwashiorkor.
  • Les femmes enceintes ne sont plus sujettes à l’anémie et chacun mange à sa fin.

En plus, le surplus de lait et de légumes est vendu sur le marché. Cela permet aux ménages de scolariser leurs enfants, de faire face aux soins de santé et de se constituer une petite épargne.

Enfin, la population bénéficiaire se réjouit du fait que cette chaine de solidarité, autour du troupeau partagé, a renforcé la cohésion sociale. C’est dans l’entente que petits et grands s’investissent comme acteurs de leur développement solidaire.

cohésion sociale renforcée

C’est dans l’entente que petits et grands s’investissent comme acteurs de leur développement solidaire.

Quelques témoignages de membres de Kira-Ukize

  • Un lien est créé entre ceux qui partagent une vache au sein d’une même chaîne de solidarité.

    Mis à part les bienfaits visibles sur le plan agro-pastoral et environnemental, au niveau social, il y a un lien qui est créé entre ceux qui partagent une vache au sein d’une même chaine de solidarité. Ils font des réunions pour voir comment avance le projet, et ça soude leurs relations. On peut aussi parler de visibilité. Les gens des collines environnantes disent :  Regardez cette colline est heureuse. Et ils vont essayer de l’imiter en se disant pourquoi eux et pas nous.

    Adelbert SIBOMANA :
    Agronome du projet Agro-Pastoral

  • Le kwashiorkor a complètement disparu du village de Ruhuma grâce au projet de vaches de Kira-Ukize

    Malgré des épidémies qui nous font perdre quelques veaux, les ménages de Ruhuma parviennent à avoir du fumier et donc à fertiliser leurs terres. La récolte est de plus en plus bonne; à regarder le sorgho, les maïs, les haricots, tout ça constitue les aliments de base des burundais. Avec nos vaches, les enfants ne souffrent plus du kwashiorkor, la maladie a complètement disparue du village. C'est mon rêve que d'autres villageois profitent du même projet de vaches et que eux aussi puissent s'en sortir et commencer à vivre dignement.

    Abbé Aloïs Cambara
    Coordianteur du projet de vaches Kira-Ukize

  • Depuis que nous avons reçu les vaches, notre vie s'est beaucoup amélioré.

    Aujourd'hui nous avons du fumier pour nos champs restés longtemps stériles depuis que la rebellion nous avait volé tout notre bétail. Outre le fumier permettant la diversification des cultures, nous avons le lait pour l'alimentation équilibrée de nos enfants, Et la vente du surplus qui sert à alimenter notre caisse commune pour subvenir aux besoins essentiels.

    Jean Rusaho
    Président du Comité d’encadrement du village de Ruhuma

  • Un projet de coopération moderne qui, au lieu d'injecter simplement des moyens, donne le coup de pouce et initie un cercle vertueux !

    J'ai beaucoup d'admiration pour l'investissement dont font preuve Gaspard et Juliette, que ce soit dans leur vie de tous les jours ou pour le projet Kira-Ukize ! Rien que cela mérite bien qu'on s'investisse un peu. Mais j'ai aussi et surtout été séduit par la démarche et la logique du projet "vaches". C'est d'abord un projet conçu directement avec les bénéficiaires en commençant par l'écoute de leurs besoins et de leurs idées. Ensuite, c'est un projet qui porte en lui un "effet multiplicateur"; les vaches étant amenées à se reproduire (un peu comme un donateur qui en appellerait un autre). Et finalement, c'est une formule qui a porté des effets positifs et inattendus, par exemple en recréant du lien dans la communauté … et en suscitant beaucoup d'intérêt de la part des collines avoisinantes. J'ai vraiment le sentiment de contribuer à un projet de coopération moderne qui, au lieu d'injecter simplement des moyens, donne le coup de pouce et initie un cercle vertueux ! Je me souviens avoir mené une action ponctuelle d'aide d'urgence aux réfugiés Rwandais quand j'étais là-bas. Notre slogan de récolte de dons était "un franc au départ, un franc à l'arrivée" pour mettre en avant l'absence de coûts de structure. Avec Kira-Ukize, je dirais même qu'on passe à la vitesse supérieure en termes d'efficacité … on pourrait dire "une vache au départ, un troupeau à l'arrivée". … sans parler de la belle ambiance entre bénévoles !.

    Philippe
    Bénévole chez Kira-Ukize